Marinette:Le bouquet de Ginette

Le bouquet de Ginette

Adapté par Marinette Spinedi de l’association Paroles et Merveilles (Marseille)

(D’après le conte Poulette-Trompette)

Par un beau matin de mai, Ginette descend au jardin pour cueillir un bouquet.

A son amie Pervenche elle murmure.

-Pervenche je vais te couper pour…..

-Pas question, Ginette. Je ne veux pas être coupée, je tiens à mes racines.

Et pervenche sans plus attendre se sauve dans le bosquet.

Pâquerette la voit arriver et lui demande :

-Où vas-tu Pervenche si pressée ?

-Ginette veut me couper, je pars me cacher.

-Ginette joue du hockey avec un hochet ?

-Non Ginette veut me couper, je pars me cacher.

-Tu veux patiner sur un pied ?

-Mais non Gi-net-te veut me cou-per, je pars me ca-cher.

-Si Ginette veut te couper, moi aussi je suis en danger. Je viens avec toi.

Pervenche et Pâquerette se donnent la main et poursuivent leur chemin. Gentil coquelicot les interpelle :

-Pervenche où vas-tu de ce pas ?

-Ginette veut me couper, je pars me cacher.

-Tu veux un cache-nez avec un cachet ?

-Non Ginette veut me couper, je pars me cacher.

-Ginette boit trop de café ?

-Mais non. Tu ne comprends rien. Gi-net-te veut me cou-per, je pars me ca-cher.

-Dans ces conditions moi aussi je suis en danger. Alors je viens avec vous.

 

Pervenche, Pâquerette et Coquelicot se donnent la main et continuent leur chemin à grand pas. Bouton d’or les regarde passer et, intrigué, s’informe :

-Où allez-vous toutes les trois ?

-Ginette veut me couper, je pars me cacher. Hurle pervenche.

-Ne crie pas si fort, je ne suis pas sourd. Ginette veut te couper, tu pars te cacher. Mais moi non plus, je ne veux pas être coupé. Avant de vous rejoindre, demandons à Muguet de faire tinter ses clochettes pour avertir nos amies. Muguet, aussitôt, de toutes ses forces, agite ses grelots. Les fleurs des alentours se précipitent et s’inquiètent :

-Que se passe-t-il, Pervenche ?

-Ginette veut me couper, je pars me cacher.

-Ginette, Ginette, la gentille fillette ? S’étonne impatiens.

Chardon en tête, toutes les fleurs dans son sillage, s’enfoncent dans le bosquet. Sur un tapis de mousse  verte, elles bivouaquent à l‘abris d’un chêne centenaire. Courageux chardon, toute la nuit les veille. A l’aube, il les réveille. Avec des perles de rosée, elles font leur toilette, se parfument, défroissent leur collerette. Enfin les voici prêtes et parées pour une radieuse journée. Chardon demande à Pervenche :

-Hier je vous ai suivies pour vous aider, mais je n’ai pas compris pourquoi vous vous cachiez ?

-Eh bien voilà : Hier, Ginette est descendue au jardin et elle m’a dit qu’elle voulait me couper. J’ai eu si peur que, sans plus attendre, je me suis enfuie dans le bosquet.

-Je comprends. Mais pourquoi Ginette voulait-elle te couper ? Oh j’y pense ! C’est aujourd’hui le 26 Mai, c’est la fête des mamans. C’est sûrement pour faire un bouquet à sa maman que Ginette voulait te couper ! …..

Confuse, Pervenche a envie de pleurer. Baissant la tête elle avoue :

-Je n’ai pas compris qu’elle voulait m’inviter !

 

Toutes les fleurs se concertent et décident de se joindre à Pervenche pour faire le plus beau des bouquets.

Pervenche, rêveuse la première s’avance. Pâquerette, qui a tant d’amour à partager, ajoute ses deux plus chers pétales … Amour et toujours. Gentil Coquelicot ajuste son corset. Le fier Bouton d’or redore son blason. Myosotis arrive en courant : -Ne m’oubliez pas ! … Muguet-porte bonheur-de joie fait tinter ses clochettes. Rose, plus belle que jamais, majestueusement s’avance et comme une reine s’installe, timidement suivie par la modeste violette. Toutes les fleurs des champs accourent. Elles veulent être de la fête. Fougère, avec ses feuilles vertes et dentelées, tendrement entoure le bouquet.

Emerveillé Chardon s’écrie :

-Que vous êtes belles toutes réunies. La palette de vos couleurs est digne du plus grand peintre ! …. Laissez-moi la joie d’aller vous déposer sur le chemin de Ginette.

En ce beau matin de mai, Ginette malheureuse rentre bredouille à la maison. Qu’offrira-t-elle à sa maman ? Mais Chardon, tel un magicien, veille sur elle, à la croisée des chemins. Il se balance sur sa tige et attire la fillette sur le sentier parfumé où l’attend le magnifique bouquet. Le visage de l’enfant s’illumine et, sans perdre un instant, Ginette soulève le bouquet, le presse contre son cœur et le couvre de baisers. Les fleurs de joie frissonnent. Heureuse Ginette court offrir ce bouquet à sa maman et lui murmure à l’oreille ce gentil compliment :

-Sur chaque fleur que j’ai cueillie

Ma bouche, un instant, s’est posée

Ainsi pour ma maman chérie

J’ai fait un bouquet de baisers.

FIN

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