Diminuole à Auriland

 

DIMINUOLE  A  AURI-LAND

 

Il était une fois, un roi, sage et bon, qui vivait sur une île paradisiaque. Ce roi gouvernait un peuple, calme et doux. Grâce aux connaissances du Grand Sorcier et de ses disciples, les gens de ce peuple vivaient de plus en plus vieux. Des enfants naissaient et grandissaient, ajoutant leur nombre à celui de la population.

 

Le roi de cette île avait un gros problème, un problème de démographie. Si son peuple continuait à faire des enfants, l'île deviendrait bientôt trop petite pour les contenir, et, la terre de l'île insuffisante à nourrir toutes ces bouches affamées.  Alors le roi se rendit au temple en haut de la montagne  au centre de l’île et il pria son Dieu.

- Dieu puissant et respecté, fait que nos récoltes soient toujours abondantes, que les arbres de l'île nous offrent toujours leurs fruits savoureux et que la source d'eau pure qui nous désaltère ne tarisse pas. Fait aussi que mon peuple se contente de son île car nous ne saurions où aller.

Le Dieu ne répondit rien. Pourtant.....

Pourtant, un matin, alors qu'il s'habillait, le roi trouva ses pantoufles et sa robe de chambre trop grandes pour lui. Il eut aussi bien du mal à se hisser sur son trône pour déguster son petit déjeuner. Ses pieds ne touchaient plus le sol et ses jambes se balançaient dans le vide. Il fallait se rendre à l'évidence, il avait rapetissé. Quand les ministres arrivèrent dans la salle du conseil, le roi se rendit compte que la maladie avait touché tout le palais.

 

Le roi ordonna une enquête, et, quand les messagers revinrent, ils durent avouer la triste nouvelle au roi : tous les adultes de l'île avaient perdu quelques centimètres. Les conducteurs de gros camions n'arrivaient plus aux pédales de commande de leurs engins. Les manipulateurs dans leurs usines, ne pouvaient plus atteindre les boutons situés sur le haut des pupitres. Les maîtres d'école avaient du mal à écrire la date en haut du tableau.

 

Le roi convoqua aussitôt le grand sorcier. Celui-ci examina le roi, les ministres et diagnostiqua une diminuole foudroyante.

Il rassura cependant tout le monde. Malgré le caractère spectaculaire de la maladie, elle était sans danger. Un de ses jeunes disciples expliqua :

- En général, cette maladie, ne touche que les personnes agées, et, se borne à une diminution de quelques centimètres. Dans le cas présent, la diminution est importante, et la maladie contagieuse. Mais, je vous le répète, elle est sans danger. Tous les jours, les adultes du peuple de l'île diminuaient, diminuaient.

 

Il fallut d'abord, recouper tous les vêtements et les tailleurs eurent beaucoup de travail. Puis, ce fut au tour des menuisiers d'adapter les meubles à la taille de leurs propriétaires. L'usine qui avait le plus de demandes était celle qui fabriquait les escabeaux et les échelles. Il fallut aussi adapter toutes les machines à la nouvelle taille de leurs utilisateurs.

Au bout de quinze jours de cette épidémie de diminuole, les cuisinières du palais ne purent plus faire à manger, car elles atteignaient à peine la hauteur de la casserole quand elle était posée sur le feu. Les enfants du royaume n'avaient, semble-t-il, pas été touché par la maladie. Ils avaient toujours leur taille normale.

 

Alors le roi décida, par un édit, que tous les enfants de plus de un mètre de haut devaient quitter leurs études provisoirement et seconder leurs parents. C'était à eux

d'aider le pays dans cette terrible crise.

Grâce à l'aide des enfants, à l'usine fabriquant les échelles, et au travail acharné de chacun, le roi réussit en six mois à réorganiser le pays.

Le Grand Sorcier affirma pour sa part, que la taille des adultes de l'île était en train de se stabiliser.

Quand les enfants reprirent l'école, on s'aperçut qu'ils ne grandissaient presque plus.

Eux, aussi, avaient attrapé la diminuole mais, comme ils étaient en pleine croissance, les effets de la maladie se faisaient moins sentir.

 

Du haut de la grande tour du château, le roi regardait son île. Les rues ressemblaient toutes à des boulevards. Les maisons toujours aussi grandes, abritaient maintenant plusieurs familles. Cousins et cousines vivaient sous le même toit. Les récoltes n'avaient plus besoin d'être abondantes. Un sac de blé donnait plus de pain qu'il n'en fallait. Si pour cueillir des cerises, il fallait la grande échelle des pompiers, elles avaient maintenant, pour le petit peuple, la taille d'une orange.

 

Depuis ce jour, sur l'île paradisiaque, le roi sage et bon gouverne son peuple calme et doux. Le Grand Sorcier soigne les gens qui vivent de plus en plus vieux. Des enfants naissent et grandissent ajoutant leur nombre à celui de la population.

Parfois, le roi se rend au temple en haut de la montagne, et là, il prie son Dieu. Il n'a plus jamais eu de problème de démographie.

 

 

 

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