La boule de cristal

La Boule de Cristal

 

0 le lac

Françoise Contat

D’après un conte populaire

 

Il était une fois une sorcière qui avait trois fils. Trois fils qui s’aimaient tendrement. Elle était avide de pouvoir un pouvoir qu’elle avait volé il y avait bien longtemps dans un château d’or et qui était enfermé dans une boule de cristal. Ses fils eux aussi briguaient ce pouvoir.

 

Un jour le premier de ses fils eut 18 ans

Il alla dans l’antre de sa mère et dit :

-Mère je veux du pouvoir comme toi ; donne moi  ton pouvoir

Tu veux du pouvoir mon fils ; soit ! Elle fit une passe magique et transforma son premier fils en aigle royal en disant :

-Tout le pouvoir du ciel t’appartient désormais.

 

Quand son second fils eut 18 ans

Il alla dans l’antre de sa mère et dit :

-Mère je veux du pouvoir comme toi ; donne moi  ton pouvoir

Tu veux du pouvoir mon fils ; soit ! Elle fit une passe magique et transforma son second fils en baleine blanche en disant :

-Tout le pouvoir de la mer t’appartient désormais.

 

Son troisième fils qui avait vu la transformation de ses deux frères n’avait pas envie de se faire transformer en ours ou en loup et décida de s’enfuir.

Le jour de ses 18 ans il se glissa hors du château de la sorcière et se mit à courir pour s’éloigner le plus vite possible. Quand sa mère s’aperçut de sa disparition elle se transforma en dragon et se mit à décrire de grands cercles dans le ciel à sa recherche. Elle ne voulait pas qu’il parle de son pouvoir immense.

 

Le pauvre garçon n’en menait pas large ; il se dissimulait sous les arbres de la forêt, rasait les rochers,  s’aplatissait sous les fougères. Soudain il déboucha dans une clairière. Une falaise plongeait vers une gorge étroite sur la gauche et un mur de roche le dominait sur la droite. Au loin les cris de rage du dragon s’amplifiaient. Il s’avança et vit deux géants en train de se disputer. Le jeune homme se glissa du coté du mur de roche en essayant de faire corps avec les galets agglomérés mais soudain un des géant le vit et en deux pas fut sur lui. Il l’attrapa par sa veste et le souleva de terre.

-Tu tombes bien ! dit le géant tu vas nous aider. Nous nous bâtons pour la possession de ce chapeau - c’est un porte loin- Trouve une idée pour nous départager.

Agitant ses pieds dans le vide le jeune homme répondit très vite

-je vous propose une course jusqu’en haut de la montagne. Le premier arrivé aura le chapeau. Le géant le laissa tomber sur le sol et dit :

-mais comment feras-tu pour savoir qui arrivera en premier ?

Je n’ai qu’à mettre le chapeau sur ma tête et vous attendre au sommet.

Les géants acceptèrent le défit. Le jeune homme donna le signal du départ et mit le chapeau. Mais il ne pensa pas au sommet de la montagne mais au château d’or.

 

L’instant suivant il était sur une plage de sable fin le chapeau avait roulé sur le sable près de lui. Au loin un château dressé sur un récif faisait face aux éléments déchainés. Un pont levis le reliait à la terre ferme, il s’y précipita. Passé le portail d’entré ou la herse levé rouillait il embrassa du regard la cour basse couverte de moules et de crabes, d’algues humides et de boue sableuse. Une coursive en bois rejoignait les quatre tours de guet. Il emprunta les escaliers qui y menaient. Pas un bruit pas une âme n’habitait cette sombre demeure. Il erra le long de la coursive puis entra dans un couloir ou le vent s’engouffrait avec force. Les portes battaient sous les assauts du vent. Une seule était fermée il la poussa.

 

Tout d’abord, dans la pénombre, il ne vit rien. Puis quand ses yeux se furent habitués il vit la plus jolie jeune fille qu’il puisse imaginer. Mais c’était un miroir dans lequel il la voyait. En fait elle était à coté de lui près de la porte. Il voulut se retourner pour la regarder en face mais elle hurla.

-Non ! Ne bougez pas ! Je vous en supplie ! Ne vous retournez pas et asseyez vous sur la chaise face au miroir. Une fois qu’il fut assis avec la promesse de ne pas se retourner elle lui raconta son histoire.

 

-J’étais la gardienne avec mes deux sœurs de la boule de cristal, qui donne du pouvoir à celui qui la détient ; mais un jour elle nous été volée par une sorcière et depuis, en punition, ma beauté est prisonnière de ce miroir et je suis condamnée à vivre sans visage en contemplant mon reflet.

 

Je jeune homme fut rempli d’une profonde tristesse. Il demanda :

-Personne n’a essayé de vous venir en aide ?

-Si de preux chevaliers ont essayé mais ils n’ont pas réussi.

- Comment le savez-vous ?

-Les armes me reviennent, elles sont enchantées, dit-elle en désignant le mur. Il vit alors une épée et un bouclier posés près de lui. Rassemblant tout son courage il ajouta :

-Que faut-il faire ?

-Il vous faut tuer le taureau qui vit sur la plage, puis tuer l’oiseau de feu qui en sortira, puis briser l’œuf d’or avant qu’il ne fonde et enfin sortir de sa coquille la boule de cristal. Elle seule me rendra mon visage et la liberté.

 

Le jeune homme ramassa le bouclier et le glissa sur son poignet, puis il prit l’épée et la fit danser dans sa main libre.

-Je serais donc, votre champion, belle demoiselle.

Il recula les yeux fixés sur le miroir et sortit en silence. Il réfléchissait en descendant les escaliers qui le séparaient de la cour. Du pont levis, il regarda la plage. Comment ne l’avait-il pas vu ? Un taureau énorme au mufle de feu, au front rougeoyant comme une braise ; l’attendait. Il descendit vers la plage.

 

Le taureau soufflait et grattait le sol de son sabot. Il laissait monter sa colère. Au contraire le jeune homme emplissait ses yeux et son cœur de la vision de la jeune fille. Le taureau lança son premier assaut que le jeune homme évita de justesse en se jetant sur le côté. Ce faisant il fit rouler un coquillage devant le sabot du taureau qui sauta pour l’éviter. Au second assaut le taureau rugit et faillit l’embrocher. Il ne du la vie qu’a sa rapidité à rouler sur le sable et cette fois encore le taureau fit un écart. La bête s’était retournée et bandait ses muscles bien décidée à prendre une vie. Le jeune homme se cala le dos contre un rocher pour le cacher et assura l’épée dans sa main. Déjà le taureau était sur lui. Il fondit son corps dans le sable et leva son épée. Le taureau surprit ne vit plus que le rocher et sauta pour l’éviter. L’épée trancha le ventre tout du long et le taureau s’effondra dans un nuage de sable.

 

Aussitôt du ventre palpitant sortit un oiseau de feu qui embrasait tout sur son passage. Serres ouverte il attaqua le jeune homme caché sous son bouclier. L’épée tournoyait coupant les plumes brulantes. Le jeune homme cria :

-Oh mon frère comme j’aurais besoin de toi !

Alors venant du fond du ciel un aigle royal fondit sur l’oiseau de feu et, serres contre serres, ils se bâtirent ; ce qui laissa un répit au porteur de l’épée qu’il abattit de toutes ses forces sur le cou de l’oiseau de feu. En tournoyant les deux oiseaux chutèrent sur une cabane de pêcheur qui s’embrasa. L’aigle royal en surgit les plumes roussies et se posa près du jeune homme.

 

Le feu crépirait. Au cœur du brasier un œuf d’or virait au rouge. Le jeune homme s’approcha, caché derrière son bouclier et souleva les braises pour écarter l’œuf qui commençait à fondre ; il s’écria :

-Oh mon frère comme j’aurais besoin de toi !   

Alors venant du fond de la mer une vague poussée par une baleine blanche submergea la plage et vint éteindre le feu. L’œuf craqua et révéla une boule de cristal qui captait tous les rayons du soleil.

 

Le jeune homme la ramassa. Elle attira les rayons du soleil qui se concentrèrent pour rebondir vers l’aigle royal et son frère reprit forme humaine. Il dirigea alors cette lumière vers la mer et son second frère sortit de l’eau.

 

Ils s’enlacèrent tout trois à heureux de se retrouver, puis le jeune homme parla de la jeune fille. Il leur raconta ce qui lui était arrivé. Tout trois se rendirent dans le château puis dans le couloir.

 

Là, le jeune homme ouvrit la porte en grand et fit entrer le soleil dans la pièce grâce à la boule de cristal. Les rayons lumineux touchèrent le miroir qui libéra le visage de la jeune fille. Celui-ci traversa l’espace de la pièce et elle retrouva sa beauté.

 

Elle raconta aux trois garçons comment, le jour de la perte de la boule de cristal, ses deux jeunes sœurs avaient été emmurés vivantes dans les oubliettes du château.

 

Le jeune homme pensa alors au chapeau porte loin. Il courut jusqu’à la plage et le ramena. Main nouées tous les quatre rejoignirent les prisonnières et l’instant suivant ils étaient tous sur la plage.

 

Déjà les couples se formaient. Le château resplendissait de milliers de gouttelettes d’or. Les rochers se transformaient en villageois, en paysans. La plage grouillait de vie. Les trois couples se dirigèrent vers le château se jetant en riant la boule de cristal qui scintillait de joie.

 

Ceux là sauraient partager leur pouvoir pour le bien de tous.

 

 

Ajouter un commentaire
 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site