Nanette peur de rien

 

NANETTE PEUR DE RIEN

 

Nanette n’avait peur de rien, Nanette n’avait peur de personne. Nanette était tricoteuse.

-Tricote la laine tricote les mots.

          Nanette allait dans la forêt pour ramasser des champignons et des herbes sauvages. Des herbes qui soignent et des herbes qui guérissent : en faisant des tisanes, des infusions, des décoctions, des baumes et des pommades.

Nanette n’avait peur de rien, Nanette n’avait peur de personne ; pourtant dans la forêt, il y avait un ogre qui avait toujours faim.

          Le jour du solstice d’hiver (21sept) Nanette alla dans la forêt et elle tomba dans un trou. C’était un piège fait par l’ogre pour capturer les animaux sauvages et les manger. Nanette n’avait peur de rien, Nanette n’avait peur de personne. Au fond du trou elle se mit à tricoter.

-Pique l’aiguille de bois

-Lance le fil de laine

-Tire la boucle que vienne

-Le nœud qui attache mon roi

L’ogre arriva et lui dit : «  Puisque tu es là à la place de mon gibier, je vais te manger.

-Non, répondit-elle ; je connais les herbes qui soignent et celles qui guérissent.

-Moi aussi ; Je vis dans cette forêt depuis longtemps.

-Non ; je sais tricoter.

-Soit ; tricote-moi des chaussettes, car j’ai fort mal aux pieds dans mes bottes de cuir à courir les bois.

          Dans la maison de l’ogre Nanette s’installa sur la pierre du foyer pour tricoter les chaussettes tandis que l’ogre somnolait.

-Pique l’aiguille de bois

-Lance le fil de laine

-Tire la boucle que vienne

-Le nœud qui attache mon roi

-Qu’est-ce que tu marmonnes ?

-une chanson

-Je n’aime pas les chansons, raconte-moi une histoire.

Tricote la laine tricote les mots ; je veux bien mais il faut que tu te taises. Si tu parles, si tu m’interrompts, tu auras un gage.

-soit dit l’ogre les yeux mi- fermés ; soit j’accepte, raconte.

          Il était une fois sur une île de La Méditerranée (La Corse) un  roi et une reine qui avaient une fille plus belle que la mer et plus fière que la falaise rouge. Elle avait pour nom Adeline.

Chaque matin elle sortait dans la haute cour et faisait siffler son cordon de cuir pour appeler son faucon. Elle le nourrissait puis l’entrainait.

Tout près d’elle, chaque matin, le fauconnier du château l’observait car tout était grâce et beauté entre Audeline et son faucon. Ses yeux étaient pleins d’admiration pour le travail de son élève et d’amour pour celle qui lui avait ravi le cœur. Frémin, car c’était son nom, se consumait d’un amour sans espoir car elle était princesse et il était fauconnier.

          Un jour le bateau d’un riche marchand mouilla dans le port. Le riche marchand et ses serviteurs grimpèrent jusqu’au château. Au passage de la poterne d’entrée, Frémin les regarda. Le riche marchand allait en tête, le visage caché par le capuchon de son lourd manteau. Il portait un riche collier d’or et des vêtements brodés. Ses serviteurs, raides et froids, couverts de larges manteaux étaient encapuchonés de noir.

Frémin se glissa derrière eux jusqu’au château et ainsi il entendit une nouvelle qui le mit au comble du désespoir. Le riche marchand était venu chercher son épouse promise : Audeline.

          Le soir, après le repas, le riche marchand demanda au roi un cheval pour se rendre chez un ami au cœur de l’île. Frémin se précipita et sella une jument qu’il amena lui-même au riche marchand. Dès que l’homme se fut éloigné du château, il sortit un poulain et l’enfourcha. Le poulain voulut rejoindre sa mère et il mit ses sabots dans les siens. Frémin fit en sorte de rester à distance pour suivre sans être vu. La lune était haute quand le riche marchand s’arrêta au plein cœur du maquis. Il descendit de cheval et entra dans une grotte obscure. Frémin qui avait laissé sa monture entra à sa suite et se cacha. Il vit le riche marchand faire glisse sa capuche en disant : « Ce soir je vais dormir chez moi ! ».

          Il sortit de dessous son manteau un tapis de selle qu’il jeta en travers d’une roche noire en forme de cheval, puis il prit une pierre se cassa les dents et les jeta dans ce qui devait être la bouche. La roche s’anima, le cheval vivait, il sortit des flammes de ses naseaux, de la fumée de ses oreilles et des étincelles de ses sabots. Le diable sauta en croupe, le cheval piaffa, fit trembler la terre et s’envola.

-C’était donc le diable ! Cria l’ogre.

-Tu as parlé, tu m’as interrompu. Tu dois t’acquitter de ton premier gage.

-Laisse ta botte ici et fais le tour de la maison sur un pied. Pendant ce temps-là Nanette fouilla la botte de l’ogre et y trouva une cravache. Quand il revint elle lui donna la première chaussette. Il l’enfila ainsi que la botte. Il n’avait plus mal à ce pied.

Tricote la laine tricote les mots. Nanette continua

          Le jeune homme revint au château au petit matin, avant le diable. La jeune fille était en train de décapuchonner son faucon et il eut une idée. Dès qu’il vit arriver le riche marchand et ses serviteurs encapuchonnés, il prépara son faucon. En haut du grand escalier Le roi, la reine et Audeline attendaient le futur époux. Celui-ci gravit les marches et les salua. C’est le moment qu’vait choisi Frémin. Il lança son faucon qui plongea sur le diable et lui arracha son capuchon. Toute l’assistance cria. Alors, le diable découvert, tourna sur lui-même en dégageant une épaisse fumée. Qui fit pleurer les yeux et tousser les gorges. Quand la fumée se dissipa il avait disparu avec tous ses serviteurs et avec Audeline.

-Il l’avait enlevé ! Cria l’ogre.

-Tu as parlé, tu m’as interrompu. Tu dois t’acquitter de ton deuxième gage.

-Laisse ta deuxième botte ici et fais le tour de la maison sur un pied. Pendant ce temps-là Nanette fouilla la deuxième botte de l’ogre et y trouva 3 pièces d’argent. Quand il revint elle lui donna la deuxième chaussette. Il l’enfila ainsi que la botte. Il n’avait plus mal aux pieds.

Tricote la laine tricote les mots. Nanette continua

          Frémin monta sur le poulain qui connaissait le chemin et arriva à la grotte. Sans hésiter : il jeta un tapis de selle sur la roche noire, il prit la pierre et se cassa les dents et les jeta dans ce qui devait être la bouche. La roche s’anima, le cheval était vivant. Il cracha des flammes de ses naseaux, de la fumée de ses oreilles et fit des étincelles avec ses sabots puis s’envola.

Frémin traversa le pays des nuées, ….. puis le pays du vent, ….. puis le pays du froid ….. et enfin celui du feu …… Il arriva au château noir du diable. Audeline se débattait, le diable la tirait pour la faire entrer dans sa fournaise. Frémin plongea sur eux. Le diable surprit de voir son cheval monté par un autre lâcha Audeline qui se précipita vers son sauveur et sauta en croupe.

-Ouf il l’a sauvée.

-Tu as parlé, tu m’as interrompu. Tu dois t’acquitter de ton troisième gage.

Laisse là tes deux bottes et fais le tour de la maison en sautant comme une grenouille. Pendant ce temps Nanette enfila les bottes de l’ogre et s’enfuit.

Tricote la laine tricote les mots. Nanette courrait et l’ogre la suivait.

Sa pelote se dévida, l’ogre attrapa le fil. Elle passe, repasse, reviens sur ses pas, entortille l’ogre  tant et si bien qu’il se retrouve pris au piège.

-Pique l’aiguille de bois

-Lance le fil de laine

-Tire la boucle que vienne

-Le nœud qui attache mon roi

Justement le roi du pays passait par là avec ses archers, à la recherche de cet ogre qui terrorisait la région et lui mangeait son gibier. Il le trouve piégé, entravé, entortillé. Il le saisit, le capture et le ramène pied et poings liés au château.

En chemin l’ogre suppliait Nanette : « Dis-moi la fin de l’histoire ».

Tricote la laine tricote les mots. Nanette continua

Ils traversèrent le pays du feu, ….. puis celui du froid, ….. puis le pays du vent ….. et enfin celui des nuées …… jusque dans la grotte sombre. Là ils sautèrent du cheval qui redevint de roche. A deux sur le poulain qui semblait avoir des ailes ; ils revinrent sains et saufs au château du roi et de la reine de l’île de méditerranée.

-Je savais que tout allait s’arranger.

Le roi eut si pitié, de cet ogre qui aimait tant les histoires, qu’il en fit son jardinier.  Quant à Nanette -tricoteuse du roi- elle n’eut toujours plus peur de rien ni de personne.

Elle retourna en forêt ramasser des herbes qui soignent et des herbes qui guérissent mais elle n’était plus seule ; un ogre l’accompagnait pour qu’elle ne tombe pas dans un trou.

-Claquent les aiguilles

-Tricote avec soin les mots

-Quand le ciel scintille

-S’endort le marmot.

 

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